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L'enceinte urbaine de Palais

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Voyage au coeur de la ville fortifiée

L'ENCEINTE URBAINE DE PALAIS :

Autrefois, Belle-Île constituait une position militaire stratégique, face aux côtes bretonnes sud et à l’embouchure de la Loire. Ses productions agricoles et ses ressources en eau douce en faisaient un point d’attache privilégié pour la marine de guerre. L’édification de la citadelle, aux XVIe et XVIIe siècles, remaniée par Vauban, ingénieur des fortifications de Louis XIV, à la fin du XVIIe siècle, en témoigne. Vauban avait initialement planifié l’édification d’une enceinte fortifiée sur les hauteurs de Palais pour appuyer la citadelle. Il en avait même dessiné les contours, mais faute de crédits, les travaux ne purent être réalisés.

Lors de l’invasion par les britanniques en 1761, ceux-ci installèrent justement leurs canons à l’endroit où aurait dû être construite l’enceinte urbaine. Son édification fut alors jugée indispensable pour assurer la sécurité de Belle-Île. 

Les travaux commencent en 1802 avec l’ascension de Napoléon Bonaparte et le Premier Empire. Les compagnies de sapeurs qui travaillent à sa construction ont tôt fait d’être remplacées par une compagnie de bagnards, main-d’œuvre moins onéreuse. La chute de l’Empire en 1815 suspend pour un temps les travaux et de 1820 à 1861, de nombreux projets sont à l’étude pour achever la construction des fortifications de la ville. Finalement, les travaux reprennent sous le Second Empire et s’achèvent en 1877, peu après la chute de Napoléon III.

D’architecture néo-classique, l’enceinte urbaine de Palais fut achevée alors que se développait déjà l’artillerie moderne et que la mobilité des armées était préférée à la construction de places fortes : elle ne fut donc jamais éprouvée. Témoignage unique et intact de l’architecture militaire du XIXe siècle, elle bénéficie à ce titre d’une inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

 

 

LE SYSTEME DEFENSIF :

 

Les forteresses médiévales devaient résister aux assaillants qui utilisaient, lors de leur siège, des projectiles de pierres. Des murailles solides, suffisamment épaisses, suffisaient à défendre une place forte puisque ces projectiles se brisaient sur les murs.

L’invention du canon au milieu du XVIe siècle va tout changer. Les places fortes doivent désormais résister à l’assaut d’artilleurs utilisant des projectiles de fer qui ne se brisent pas lors de leur impact, mais qui au contraire sont capables de percer facilement une brèche dans une muraille de pierre.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, à l’époque classique, les places fortes édifiées par le pouvoir royal le sont selon un principe reposant sur l’utilisation de levées de terre appareillées de pierres, puisque la terre amortit l’impact des boulets de canons.

 

Témoignage unique et intact de l’architecture militaire du XIXe siècle, l’enceinte urbaine bénéficie à ce titre d’une inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

« L’un des plus beaux exemples d’enceinte urbaine conçue et réalisée sous le premier Empire que nous possédons en France » Ph. PROST. Historien des Fortifications

Pour la découvrir, allez vous y promener, empruntez l’itinéraire de visite détaillé ci-dessous, une belle balade entre les arbres et les vieilles pierres, d'1h30 environ.

 

Nous vous invitons de débuter votre découverte de Belle-île par la visite des fortifications de la ville. Pour ce faire, rejoignez la rue J. Simon face au débarcadère pour emprunter, sur son côté gauche, l’escalier qui mène aux remparts.

 

1. Belvédère de la rue de Remparts

La position géostratégique de Belle-île-en-Mer. La Citadelle ne peut à elle seule résister à l’ennemi, genèse du projet d’une enceinte urbaine par Vauban.

 

2. Le réduit A

Emplacement des canonniers Anglais en 1761, d’où l’on prend conscience de la fragilité de la Citadelle.

 

3. Entrée de l’escarpe

Continuez sur la route jusqu’à passer au travers des remparts grâce un petit passage sur votre gauche appelé poterne, passage voûté dérobé dans les remparts faisant communiquer l’enceinte fortifiée et la ville. Ce passage débouche sur la caponnière. N’empruntez pas cette tranchée, mais cheminez sur sa gauche, parallèlement à elle.

Passages creusés perpendiculairement au fossé, les caponnières faisaient communiquer les parties avancées de l’enceinte urbaine avec les parties arrières et le reste de la ville. En cas d’attaque, elles permettaient aux soldats de se replier à l’abri des tirs ennemis.

 

4. Le grand fossé

Vous vous situez alors au milieu du fossé, partie médiane de l’enceinte urbaine. Vous venez de quitter l’escarpe (partie arrière de l’enceinte) et vous vous dirigez maintenant vers la contrescarpe (partie avant de l’enceinte).

 

5. Les casemates

Face à vous, sur la gauche, la petite porte aménagée dans le mur de la contrescarpe vous permet de pénétrer dans les casemates. Sur votre gauche s’étend l’enfilade de casemates et sur votre droite, en contrebas, débouche la caponnière.

Les casemates sont de petits ouvrages voûtés communiquent entre eux sur une enfilade d’1 km de long. Percés de meurtrières, ils permettaient aux soldats, postés à l’intérieur, de tirer à revers sur l’ennemi parvenu jusqu’au fossé. Les évents percés en haut assuraient quant à eux l’évacuation des fumées de tir.

 

6. Le réduit H

Dans le passage intérieur qui relie les casemates à la caponnière vous trouvez sur votre gauche un étroit couloir qui vous permettra de monter sur le poste avancé, ouvrage défensif comportant quatre chambres à canons et présentant sur ses hauteurs une banquette de tir abritée par un parapet de terre où était également posté l’artillerie.

Regagnez le fossé en empruntant le chemin inverse.

 

7. Le chemin couvert et le bastion central

Rentrez cette fois dans le poste avancé par son ouverture principale. Dans ce passage voûté, prenez à droite pour rejoindre le chemin couvert, ce chemin bordé d’un parapet de terre protégeant les soldats des tirs ennemis, leur permettant de circuler « à couvert » sur toute la longueur de la contrescarpe.

Les bastions sont des élévations de terre maintenues par une maçonnerie de pierres où étaient postés, sur une banquette de tir, les canons et les soldats de l’artillerie, dissimulés derrière un parapet de terre. Les trois bastions de l’enceinte urbaine se défendaient mutuellement, et leur forme pentagonale permettait d’éviter les angles morts.

Cheminez en aplomb du fossé. Le bois qui s’étend à votre gauche n’existait pas à l’origine, le terrain était complètement dégagé pour constituer le glacis, terrain en pente douce s’ouvrant vers la campagne et laissant percevoir facilement l’approche des assaillants.

 

8. La porte de Bangor

Vous passez au-dessus de la porte Bangor qui fait face à la porte Vauban. Redescendez dans le fossé en passant au travers du second poste avancé.

 

Percées dans les remparts de l’enceinte urbaine, les portes permettaient la communication entre l’intérieur et l’extérieur de la ville. Elles pouvaient être fermées, et des ponts coulissants, aujourd’hui disparus, pouvaient interdire totalement l’accès à la ville. Le tracé courbe des passages empêchaient les tirs d’enfilade ennemis.

 

9. Le réduit G

Longez la caponnière, passez la citerne d’eau, et traverser la poterne.

 

10. La porte Vauban

Prenez le passage souterrain qui vous fait face, tournez sur votre droite et traversez l’avenue Carnot en passant devant la porte Vauban.

La courtine, au-dessus de la porte Vauban, est le rempart de terre renforcé par un appareillage de pierres ceignant l’ensemble de la ville, en saillie duquel étaient édifiés les bastions. Sur toute sa longueur de la cortine était postée l’artillerie, et des rampes aménagées sur son flanc permettaient d’acheminer les canons sur ses hauteurs.

 

11. Le réduit B

Remontez la rue des Remparts et vous arrivez alors à hauteur du réduit B, bâtiment servant de poste de tir, de magasins à munitions et à poudre, et de logement aux soldats en poste. Les trois réduits de l’enceinte urbaine sont construits en retrait des bastions.

Longez la rue de Remparts et descendez vers la place du marché par la rue Willaumez.

 

 

12. L’abri infirmerie

En décembre 1943, derrière le mur d’enceinte, commence la construction d’un abri infirmerie. Cette construction est prévue pour abriter 20 malades ou blessés et comprend un sas d’accés, une salle d’examen contenant un des deux systèmes de ventilation, une salle d’opération, deux chambres pour chacune 10 blessés ou malades, une pièce contenant la chaudière, le second système de ventilation et une pièce pour l’officier médecin et deux infirmiers.

 


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