© Voyage au coeur de la ville fortifiée | ©Fanny Sabatier

L’enceinte urbaine

L’enceinte urbaine, cette imposante fortification militaire de plusieurs kilomètres de circonférence, protégea Belle-Île qui était menacée par les britanniques tout au long du XIX e siècle. Aujourd’hui, le tracé de l’enceinte urbaine offre une promenade verdoyante tout autour du Port de Le Palais.

Un projet initié par Vauban

Relancé suite à l’invasion britannique de 1761

Autrefois, Belle-Île constituait une position militaire stratégique, face aux côtes bretonnes sud et à l’embouchure de la Loire. Ses productions agricoles et ses ressources en eau douce en faisaient un point d’attache privilégié pour la marine de guerre. L’édification de la citadelle, aux XVIe et XVIIe siècles, remaniée par Vauban, ingénieur des fortifications de Louis XIV, à la fin du XVIIe siècle, en témoigne. Vauban avait initialement planifié l’édification d’une enceinte fortifiée sur les hauteurs de Palais pour appuyer la citadelle. Il en avait même dessiné les contours, mais faute de crédits, les travaux ne purent être réalisés.

Lors de l’invasion par les britanniques en 1761, ceux-ci installèrent justement leurs canons à l’endroit où aurait dû être construite l’enceinte urbaine. Son édification fut alors jugée indispensable pour assurer la sécurité de Belle-Île.

Selon Philippe Prost, Historien des Fortifications

L’un des plus beaux exemples d’enceinte urbaine conçue et réalisée sous le premier Empire que nous possédons en France

Un témoignage des Premier et Second Empires

Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques

Les travaux commencent en 1802, avec l’ascension de Napoléon Bonaparte et le Premier Empire. Les compagnies de sapeurs qui travaillent à sa construction ont tôt fait d’être remplacées par une compagnie de bagnards, main-d’œuvre moins onéreuse. La chute de l’Empire en 1815 suspend pour un temps les travaux et de 1820 à 1861, de nombreux projets sont à l’étude pour achever la construction des fortifications de la ville. Finalement, les travaux reprennent sous le Second Empire et s’achèvent en 1877, peu après la chute de Napoléon III.

D’architecture néo-classique, l’enceinte urbaine de Palais fut achevée alors que se développait déjà l’artillerie moderne et que la mobilité des armées était préférée à la construction de places fortes : elle ne fut donc jamais éprouvée. Témoignage unique et intact de l’architecture militaire du XIXe siècle, elle bénéficie à ce titre d’une inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.