© Située à l'extrême nord de l'île, la pointe des Poulains est l'un des sites plus emblématiques de Belle-Île. Avec son phare et le fortin de Sarah Bernhardt c'est un lieu privilégié pour découvrir le patrimoine local | ©Karine Piquet

Le phare des Poulains

Situé au bout de la pointe Nord de Belle-Île, de l’autre côté de la plage des Poulains, le Phare des Poulains existe depuis 1868. Il est, aujourd’hui, entièrement automatique. Le Phare veille sur 24.5 miles de mer (environ 45 kilomètres) et prévient les navigateurs de la dangerosité des côtes.

Plus qu'un phare

Un lieu de visite au coeur d'un site naturel préservé

Par ses proportions, le phare des Poulains, est une maison-phare située sur la pointe nord-ouest de Belle-île. Sa construction, en 1868, répond à la forte hausse du trafic maritime et assure la signalisation de l’une des pointes les plus dangereuses à la navigation, entre Les Poulains et la pointe de la Presqu’île de Quiberon.

Aujourd’hui, le phare accueille une exposition permanente sur la gestion des espaces naturels et se visite comme un élément de l’ensemble patrimonial unique de la Pointe des Poulains avec la Villa des 5 parties du Monde (qui abrite l’espace muséographique Sarah Bernhardt) et la Villa Lysiane, actuelle Maison du Littoral.

Un peu d’Histoire…

Un phare dit de « jalonnement »

Au début du XIXème siècle, La Pointe des Poulains est bien connue pour sa dangerosité par les quelques 200 bateaux de pêches qui sillonnaient les côtes à la recherche de poissons, notamment les sardines. Plusieurs courants viennent, en effet, se télescoper à cette extrémité de l’île, soumise aux vents violents, en provenance de toutes les directions.

Un projet de tourelle est signalé dès 1805 à la Pointe des Poulains, mais les travaux du phare ne débuteront qu’en 1867. Sa principale fonction sera donc de prévenir les navigateurs qu’ils approchent d’une voie très fréquentée et proche des côtes.

Le Phare des Poulains est inauguré le 15 septembre 1868 prêt à briller avec un feu à éclats blancs toutes les 5 secondes, de 4ème ordre. Construit selon le plan strict des « maisons-phare », défini par Léonce Reynaud, illustre ingénieur des Phares et Balises, la maison de fonction y est petite mais fonctionnelle, sans véritable confort hormis une cour protégée des vents par un muret de deux mètres. La vie pour les gardiens y est rude, d’autant que l’îlot sur lequel est construit l’édifice est inaccessible à marée haute, au-delà de coefficients supérieurs à 70 !

Nature - île photogénique, Océan - Profiter de l'OcéanLogo Conservatoire Du Littoral

Le Phare des Poulains, édifice de signalisation maritime est propriété du Conservatoire du Littoral depuis 2004, en tant que patrimoine remarquable.

Un phare

rendu célèbre grâce à Sarah Bernhardt

Il fonctionnera à l’huile minérale jusqu’en 1875, passera à la vapeur de pétrole en 1903, avant d’être électrisé en 1950. C’est en 1987 que le dernier gardien, René Le Port, le quittera lors de son automatisation. Le Phare des Poulains est désormais contrôlé depuis le phare de Goulphar. 32 m² de panneaux photovoltaïque ont été intégrés sur son toit afin d’alimenter sa lampe et un ensemble de batteries, lui permet de rester autonome durant dix jours sans soleil. Un groupe électrogène est également présent, au cas où.

L’endroit a été rendu populaire depuis que Sarah Bernardt, la grande tragédienne parisienne, y avait acheté le fort voisin, où elle séjournera 30 étés durant, de 1894 à 1922. Star de l’époque, nombre de personnalités en vue ou en mal d’exotisme sont venus la visiter et ont célébré ce phare à leur retour à Paris grâce à son esthétisme typiquement breton. Ils sont peu nombreux les phares en France dont le caractère culturel et touristique a été déclenché si tôt !

De nos jours, le lieu est ouvert au public mais garde son aspect sauvage et intemporel. Le site offre un des plus beaux panoramas de Belle-île….Par temps clair, la vue s’étend vers l’île de Groix, Lorient et la baie de Quiberon.

Quelques informations techniques

• Fonction : Phare de jalonnement
• Coordonnées : 47°23,312’ N, 3°15,106’ W (WGS 84)
• Nombre de marches : 62 
• Hauteur : 15,20 mètres (hauteur de l’ampoule)
• Élévation : 34 mètres (au-dessus du niveau de la mer)
• Portée (milles marins) : 24,5 milles (environ 45 km)
• Caractéristiques du feu : 1 éclat blanc toutes les 5 secondes
• Caractéristiques de la lanterne : Lampe aux halogénures métalliques de 150 Watts, secours lampe halogène de 90 Watts
• Électrification : 1950
• Automatisation : 1987