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Le parcours historique de Palais

Culturel, Historique, Sentiers découvertes à pied à Le Palais
Pédestre
1h 30min
Facile
  • Au fil des rues de Palais, au fil de l'histoire.

  • La ville de Palais a la chance de posséder sur son territoire de nombreux vestiges de son riche passé.
    Prestigieux ou modestes, ils jalonnent nos rues et font partie de notre paysage quotidien. Dix-sept panneaux racontent l'histoire de quelques lieux phares de notre ville.

    Chacun pourra ainsi parcourir le Palais depuis la Montagne jusqu'à l'avant-port en passant par la place de la République, l'église ou la mairie et se familiariser avec l'histoire de ces lieux.
  • Départ
    Le Palais
Points d'intérêt
1 La rue Jules Simon, des escaliers à la Montagne
Ici commence le parcours de découvertes historiques de la ville de Palais. Composé de dix-sept panneaux, il vous permettra de découvrir la riche histoire de cette ville portuaire dont les premières traces remontent au Moyen-âge.
Au rythme de la pêche, des guerres et des occupations militaires « Paloë » (signifiant la ville de la grande île) est devenue Le Palais, une ville dynamique qui sans renier son histoire et son patrimoine a su s'adapter au monde contemporain.
Du port à l'enceinte urbaine, des chapelles oubliées à l'hôpital Saint-Louis, de l'église au lavoir, de la Saline à la citadelle, Palais se dévoile au fil des rues et de l'histoire.

La rue Jules Simon, baptisée ainsi en hommage au philosophe et homme d'état (1814-1896), fut longtemps appelée rue des Sables, car elle desservait le quartier du même nom.

Etroite et tortueuse, elle ne permettait même pas le passage des charrettes alors que l'activité maritime se concentrait dans l'avant-port. Durant des années les riverains s'opposent pourtant à son élargissement, craignant que la mer, poussée par les vents d'Est, ne s'y engouffre et inonde les autres quartiers.
En 1896, enfin, il est décidé de l'élargir. Les travaux durent sept ans. Ils entraînent la démolition de deux immeubles et la rue des Escaliers, frappée d'alignement, y perd quelques marches. En raison de sa situation face à la mer, les Palantins l'appellent encore aujourd'hui rue des « Courants d'air ».

La rue des Escaliers, dont les marches sont taillées dans la roche prend cette dénomination en 1842. Autrefois appelée rue « Casse-cou », elle dessert le quartier de la Montagne de Port Hallan qui domine la cité à l'Est. Le quartier de la Montagne accueille la mairie en 1852, puis y sont construites deux écoles pour enfants et de nombreuses conserveries ainsi qu'une école maritime en 1894.
C'est dans ce quartier que nait, en 1775, le Général Bigarré. Propriétaire d'une grande bâtisse située à l'angle de l'actuelle rue Bihan, Bigarré y fait créer des jardins à thèmes où sont plantés des centaines d'arbres fruitiers.
La rue des Remparts, dite longtemps rue Militaire, surplombe l'avant-port. Sa situation stratégique permet de contrôler les accès maritimes de la ville.
rassemblement rue jules Simon.jpg vue du port depuis la montagne.jpg
2 Les remparts
L'enceinte urbaine commence au-dessus de la mer, au rempart de la courtine (18). Là, face au large, est érigée une stèle à la mémoire des marins disparus en mer, sur laquelle on peut lire un poème de Victor Hugo: « Oceano Nox ».
Sur la droite, nous passons devant une ancienne conserverie de poissons. En 1881, il y a à Belle-lle treize conserveries. Celle-ci, ouverte en 1850, traitait la sardine et le thon mais aussi les légumes quand le poisson manquait.
Elle ferme en 1893 puis est réquisitionnée en 1915 pour servir de cantonnement à 400 prisonniers de guerre allemands.
A l'angle de la rue des Remparts et de la rue Dixmude, d'autres conserveries s'implantent à partir de 1860.
En 1894, l'une d'elles devient l'Ecole maritime de Port Hallan, destinée à former aux métiers de la mer des jeunes gens assistés ou abandonnés. En 1913, elle redevient une conserverie.
Sur la gauche, des casemates rappellent l'occupation de Belle-lle par les troupes allemandes, de juin 1940 au 10 mai 1945.
A côté subsistent les vestiges de l'ancien moulin Bigarré, dernier des quatre moulins de Palais.
Ce moulin cesse d'être utilisé en 1844 quand il est acheté par l'armée. En tournant, il troublait la défense de la côte!
La courtine se prolonge jusqu'au Réduit A en passant devant la Porte de Locmaria construite entre 1849 et 1850.
Elle est, comme la Porte Vauban, la communication entre la ville et la campagne, entre les remparts et la route menant à Port Hallan ou Ramonette.
egouttage.jpg vestige bigarré.jpg
3 L'Enceinte urbaine
Lors de ses visites à Belle-Île, en 1683, 1685 et 1689, Vauban prévoit pour la défense de la ville, en complément de la Citadelle, une enceinte urbaine. Faute de moyens financiers, ses plans ne seront pas réalisés. Seules quelques redoutes sur les points élevés de la ville sont construites. Elles seront rapidement contournées par les Anglais lors de la Guerre de Sept ans, en 1761. C'est sous le Consulat que Bonaparte demande au général Samuel de Marescot de construire l'enceinte. Commencée en 1803, elle est achevée en 1877.
L'enceinte commence au front de mer, au dessus de l'avant port et se termine à la Saline. Elle est complétée sur l'autre rive par l'ouvrage de Beausoleil.
Elle se compose :
D'une escarpe qui débute à la mer et comporte plusieurs ouvrages la Porte de Locmaria (1), le Réduit A (2), le Réduit B (3), la Porte Vauban (4), le Réduit C (5), la poudrière (6) ainsi que des bastions et des courtines.
D'un fossé qui commence à la route de Ramonette et se prolonge jusqu'à l'hôpital avec la fontaine des Sapeurs (7).
D'une contrescarpe qui commence à la route de Ramonette et se termine à la Saline avec le Réduit H (8), la porte Bangor (9), le Réduit G (10) et des casemates tout le long et, derrière la Porte Vauban, l'abri-infirmerie construit pendant la seconde guerre mondiale.
Derrière la contrescarpe, un glacis s'étend vers la campagne.
Classée Monument historique en 2004, l'enceinte urbaine constitue un rare et beau témoignage de l'architecture militaire défensive du XIXème siècle.
enceinte urbaine d'éopque.jpg enceinte urbaine.JPG
4 De la chapelle Saint-Sébastien à la Marine
La chapelle Saint Sébastien est construite en 1685 en haut de la rue Stang-er-lann, actuelle avenue Carnot, pour la Congrégation des Hommes. A sa droite, s'étendait le cimetière sur un terrain donné par la Marquise de Belle lle, Madame Fouquet.

Détériorée pendant l'occupation anglaise de 1761, la chapelle est restaurée trois ans après.

En 1778, elle sert d'annexe à l'église de Palais pour les offices en breton alors que l'office en français est donné à l'église paroissiale.

1791 - La chapelle devient le siège du Club des Défenseurs de la Liberté puis elle est attribuée à l'armée qui l'aménage en hôpital pour les galeux.

1793 - Le cimetière est fermé et transféré à son emplacement actuel, route de Sauzon.

1795 - L'inspecteur des fourrages du département obtient de la municipalité de Palais que la chapelle soit mise à sa disposition pour servir de "logement" au fourrage de la garnison.

1818 - Le Ministère de la Guerre prête une partie du bâtiment pour créer une école d'enseignement mutuel.

1838 - La Chapelle est en partie détruite pour devenir la maison du Commandant du Génie.

Après le départ de l'armée le bâtiment est donné par l'Administration de la Guerre aux Affaires Maritimes qui l'ont occupé jusqu'en 1995.
passage devant le batiment des affaires maritimes.jpg vue de la porte vauban.jpg
5 Avenue Jules Ferry, rue de Verdun
Loger les soldats de la garnison dont l'effectif peut atteindre, à certaines époques, 8 000 hommes, fut un problème constant à Palais. Les bâtiments de la citadelle n'y suffisant pas, deux casernes sont édifiées au XIXème siècle, rue des Remparts et avenue Jules-Ferry. La caserne Willaumez, avenue Jules-Ferry, subsiste encore aujourd'hui.

C'est un long bâtiment construit à la hâte en 1812, en murs de schiste et toit de paille. Rapidement amélioré il peut accueillir jusqu'à 600 hommes. Utilisé temporairement, en 1852, comme école communale de garçons il devient une annexe de l'hôpital en 1914 pour accueillir les blessés allemands prisonniers.
L'armée quitte Belle-lle en 1920. La caserne est alors désaffectée et vendue à des fabricants de conserves avant de devenir un centre de vacances.
Au numéro 2 de l'avenue Jules-Ferry logent, de 1855 à 1883, les cinq hommes de la première brigade de gendarmerie de l'île.

La rue de Verdun descend en serpentant vers la place de l'Hôtel de ville.
Sur la droite au n°1, se trouve une ancienne chapelle construite en 1723 par la Congrégation des Femmes dite la « Chapelle des Dames ». Détruite lors de la prise de l'île par les troupes britanniques en 1761, elle est restaurée et transformée en magasin militaire en 1775.

Devenue « temple décadaire » en 1799, on y célèbre des mariages républicains et les Palantins viennent tous les dix jours y écouter la lecture des lois. En 1832 elle sert d'hospice lors de l'épidémie de choléra. En 1949 la paroisse achète la chapelle et y aménage une salle de patronage qui est, aujourd'hui, le siège de la fanfare des Guerveur.

Les maisons situées aux n° 12, 19 ou 22 méritent l'attention et, en particulier, le n°2 avec sa jolie tourelle d'escalier en saillie et son curieux bas-relief grec, rapporté de ses voyages par Jacques Le Blanc, officier de marine.
6 L'église du Christ Roi
La première église de Palais était située à Haute Boulogne au cœur de l'ancienne ville. En 1674, pour suivre la migration de la population palantine vers la Basse Boulogne, il est décidé d'élever une nouvelle église à son emplacement actuel, sur un terrain donné par Madame Fouquet.
Commencé en 1677, l'édifice est achevé en 1680.

Des magasins et des maisons sont accolés à l'église procurant ainsi un revenu important à la paroisse. L'intérieur de l'église est agrémenté d'éléments décoratifs conservés aujourd'hui au Musée de la Citadelle.
En 1791, maisons et magasins sont confisqués et vendus aux enchères. L'église elle-même est vidée de ses cloches et ornements et transformée, en 1794, en Temple de la Raison.

L'église est dotée, en 1875, d'un orgue réalisé, 12 années aupara- vant par le facteur d'orgue Cavaillé-Coll pour le théâtre de la Gaîté Lyrique à Paris. Sa grande qualité le fait classer en 1988.
En 1894, un incendie détruit partiellement le clocher, et, devant la vétusté générale du bâtiment, il est décidé, en 1905, de construire une nouvelle église. Elle est bénie le 23 novembre 1906.

L'exceptionnelle décoration intérieure, de style Art Déco a été commandée en 1922 par le curé Rio. La réalisation, par les ateliers Mauméjean, dure plus de dix ans de 1931 à 1943.

Elle se compose de 18 vitraux évoquant la vie du Christ, d'une grande rosace au-dessus de l'autel qui représente la Sainte- Trinité, et d'un ensemble exceptionnel de mosaïques recouvrant le chœur jusqu'à la table de communion, les ambons, la chaire et les fonds baptismaux.

Au-dessus de l'autel se trouve la statue du Christ Roi auquel est dédiée l'église, entourée des saints honorés autrefois dans les chapelles de Belle-lle, dont Saint Géran, patron de la paroisse de Palais.

En 1992, l'église est finalement agrémentée d'un clocher qui renferme quatre cloches: Marie-Jeanne, Emmanuelle, Anne Marie et Gérane.
Le bâtiment est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 31 juillet 2015.
evolution de l'eglise de 1680 à 1910.jpg vue de l'eglise avant incendie de 1894.jpg
7 L'hôtel de ville
La première municipalité de Palais est élue en 1789. Faute de locaux, elle se réunit dans la demeure du maire Le Grand, située sur l'actuelle place de la République. Au cours du XIXème siècle, la mairie occupe différentes maisons de la ville, achetées ou louées à cette fin.

En 1893, sur les plans de l'architecte Gallot, un Hôtel de ville est édifié au cœur de Palais, face à l'église, sur l'emplacement de la propriété Aubert, riche famille de négociants.

Il rassemble, outre la mairie, une poste, une justice de paix, un marché couvert et une gendarmerie, constituant ainsi, selon le vœu du maire Poupart, un véritable centre administratif.

De style Louis XIII avec son alternance de pierre de taille et de chainages de brique rouge, ses hautes cheminées et son clocheton, la façade de la mairie est largement inspirée des constructions municipales qui fleurissent, à l'époque, sur le continent.

Afin de ne pas laisser aux cloches de l'église le monopole de la mesure du temps, une horloge orne le fronton de la Maison Commune.
Aujourd'hui, la justice de paix ayant été supprimée, la poste et la gendarmerie transférées en d'autres lieux, les bureaux de l'Hôtel de ville occupent tout le bâtiment.

Au premier étage, ouvrant sur la place par cinq hautes fenêtres, se trouve la salle du Conseil et des mariages. Elle a conservé son décor d'origine avec ses boiseries et ses lustres.

Les portraits de l'amiral Willaumez, du général Charles de La Touche, historien et maire de Restauration, ornent ses murs.
Face à la mairie dans la continuité du porche se trouvaient les halles ainsi que la salle des fêtes devenue le cinéma de l'île.
place de l'hôtel de ville.jpg premiere pierre hdv 1891.jpg
8 La place Bigarré
Carrefour animé où se croisait, depuis le XVIIe siècle, la circulation venant du centre, du port ou du pont de l'hôpital, cette place bordée de nombreuses boutiques accueillait régulièrement le marché aux poissons. En 1843, elle est baptisée du nom d'un général d'Empire né à Palais, le 1er janvier 1775, Auguste-Julien Bigarré.

Peu enclin aux études, embarqué comme mousse à 12 ans, il s'engage dans l'armée en 1793. Courageux et entreprenant, il participe aux campagnes de la Révolution, du Consulat et de l'Empire.

A 21 ans il est promu capitaine, puis, grâce au soutien de Joséphine de Beauharnais, il entre dans la Garde Consulaire. Il reçoit la Légion d'Honneur après Austerlitz et devient Aide de Camp de Joseph Bonaparte, roi de Naples, qui le nomme Général de brigade en 1808. Il a 33 ans. Napoléon le fait baron en 1810 puis comte en 1814.

Élu député d'lle et Vilaine, il est mis à la retraite après Waterloo. Il se retire alors à Belle-Île jusqu'en 1830. Louis Philippe le nomme commandant de la 13e région militaire et le fait Grand Officier de la Légion d'Honneur. Il meurt en 1838 à l'âge de 63 ans.

Débouchant sur la place Bigarré, s'ouvre la plus ancienne rue de Palais appelée, depuis 1932, Joseph Le Brix, du nom d'un aviateur morbihannais. Anciennement dénommée rue Paluden en raison des terrains marécageux qui proliféraient à cet endroit, elle est baptisée rue de l'Hôpital en 1842. Depuis le XVIIe siècle, c'est une rue commerçante où se succèdent échoppes et ateliers puis au XIXe siècle, auberges et cabarets que fréquentent soldats de la garnison et marins.
La rue a conservé en grande partie ses maisons anciennes. La plus caractéristique avec son haut pignon sur rue, porte le n°28.
vue depuis place bigarré.jpg fete dieu place bigarré.jpg general bigarré.jpg
9 L'Hôpital Saint-Louis
Edifié en 1659, l'hôpital Saint Louis est l'œuvre de Marie-Madeleine Fouquet, marquise de Belle-Isle. A sa demande, Vincent de Paul envoie des Filles de la Charité pour y soigner les malades. Les deux premières sœurs arrivent en 1660.
Après la disgrâce de Fouquet, Louis XIV transforme l'établissement en Hôpital Royal Saint Louis. Malgré le renvoi de tous ceux qui avaient servi Fouquet, le roi maintient les sœurs. Bientôt l'hôpital s'enrichit d'un chirurgien major puis d'un aumônier.

En 1666 est posée la première pierre de la chapelle dédiée à Notre Dame de Miséricorde. Dans cette chapelle sont enterrées les sœurs et quelques personnalités militaires de l'île.
Grâce à la rente perpétuelle accordée par Madame Fouquet aux Filles de la Charité, en 1695, elles peuvent s'occuper des indigents et entretenir une école pour les filles à l'intérieur de l'hôpital.

A partir de 1746, le terrain de l'hôpital s'agrandit considérablement. Deux ailes nouvelles sont construites.
Peu de temps après, est édifié le grand corps de bâtiment où sont les salles des malades. Ce bâtiment est surélevé en 1843.

Après le départ de la garnison, à la fin de la première guerre mondiale, l'hôpital devient un établissement civil. Les dernières religieuses y exercent leur métier d'infirmières jusqu'en 1992.

En 1950, une maternité est construite à l'angle de la rue Joseph Le Brix et de la Saline. Elle ferme ses portes en juillet 1970 suite à l'ouverture du nouvel hôpital au lieu-dit la Vigne. L'hôpital Yves Lanco laisse place au « centre hospitalier de Belle-lle en Mer » en 2019.
portrait Marie-Madeleine.jpg chapelle de l'ancien hôpital.jpg vue de l'hôpital depuis la rive Eva Jouan.jpg
10 L'ancien lavoir

Construit en 1751 par les ingénieurs du Génie, le lavoir était dédié au blanchissage des draps de la garnison.
Très vite la population l'utilise aussi, ce qui cause de nombreux litiges entre soldats et villageois.
La municipalité souhaite couvrir le lavoir pour protéger les femmes des intempéries mais le Génie s'y oppose.
En 1875 il est finalement cédé à la Ville à la condition qu'une dérivation d'eau permette d'approvisionner l'hôpital militaire. Il sera utilisé par les Palantins jusqu'en 1975.
A quelques pas de là, au bout de la Saline, se trouve un vallon nommé "Pré aux Moines". Deux sources s'en écoulent, passent par le jardin du Potager du Roy, puis sont conduites via des canalisations jusqu'au bassin de la Normande. Jouxtant le lavoir qu'il alimente, ce bâtiment voûté, fermé et recouvert de terre, peut contenir jusqu'à 60 m3 d'eau.

Construit en 1750 il est pourvu de deux prises d'eau : l'une à 62 cm du sol pour remplir les tonneaux de la garnison, l'autre à 70cm pour les habitants, donnant ainsi priorité à l'Armée lorsque le niveau d'eau se met à baisser.
On remarquera que son architecture prend pour modèle celle de la Belle Fontaine.
L'ensemble est restauré en 2015 selon les conseils des Bâtiments de France.
illustration du lavoir.jpg linge séchant sur les glassis.jpg vue sur le lavoir depuis Beau Soleil.jpg
11 La Citadelle
Convoitée pour ses richesses naturelles et sa position stratégique, Belle-Ile-en-Mer doit très tôt se défendre contre les invasions des pirates anglais et espagnols.
Au Moyen-âge, les moines de Quimperlé avaient déjà édifié un petit fort dominant la rade. Cet ouvrage est agrandi par les ducs de Gondi puis par le surintendant Nicolas Fouquet qui le transforme en citadelle.
Venu sur l'île à la demande du roi Louis XIV en 1683, Vauban déclare qu'on peut « considérer la citadelle de Belle-lle comme l'une des meilleures du royaume » et complète habilement l'ouvrage de défense sur une surface de 10 hectares, en plan étoilé. Pour cela il fait raser la ville située alors à Basse-Boulogne, afin d'y établir un glacis.
La citadelle comprend des bâtiments militaires pouvant loger 800 hommes, un arsenal, des citernes, des magasins à poudre, des souterrains et cinq niveaux de feu servant de protection. Son projet s'appuie également sur une puissante enceinte urbaine qu'il n'aura pas les moyens de réaliser.
Ce manque de protection sera fatal : au cours de la guerre de Sept Ans, les anglais prennent la citadelle et occupent l'île. Belle-lle est rendue à la France par le traité de Paris en 1763, en échange de Minorque.
Du XVIIème au XXème siècle, la citadelle sert de prison ; elle voit notamment passer les douze complices de la Voisin (l'empoisonneuse), deux compagnons de Cadoudal, le fils de Toussaint-Louverture et les prisonniers des deux guerres mondiales.
Délaissée après la première guerre mondiale, elle est vendue aux enchères en 1960 à des particuliers, Anna et André Larquetoux, qui lui restituent sa splendeur originelle.
Aujourd'hui, propriété privée classée Monument Historique par arrêté du 22 juin 2007, la citadelle est ouverte au public.
la citadelle illustrée.jpg
12 Le pont de la Citadelle
Il y a toujours eu un passage pour relier la citadelle et la vieille ville de Haute Boulogne au port.
Au XVIème siècle, un pont en pierre de taille permet de franchir le goulet d'accès à l'arrière-port et, en 1685, Vauban estime qu'il serait judicieux de lui adjoindre une écluse.

Endommagé, le pont est reconstruit en 1714, mais son arche est si basse qu'à marée haute les bateaux ne peuvent passer. Il permet, néanmoins, la circulation des habitants et des charrettes de la ville à la citadelle et vers les fontaines situées de l'autre côté de l'arrière-port. A cette époque cette partie du port sert essentiellement à mettre les bateaux de pêche à l'abri pendant l'hiver.
Menaçant de s'écrouler, le pont est démoli en 1830. Une passerelle provisoire est mise en place. Quinze ans après, elle laisse place à un pont tournant en bois et à une écluse. L'arrière-port devient un bassin à flot qui peut accueillir de gros caboteurs indispensables à l'approvisionnement de l'île et être utilisé par les charpentiers de marine pour l'abattage en carène.
En 1844 est bâtie la maison éclusière au pied de la citadelle pour servir d'abri et de magasins aux éclusiers.

En 1934, le vieux pont tournant est complètement délabré. La circulation ayant considérablement diminué depuis le départ de la garnison, le pont est remplacé par une nouvelle passerelle levante d'un seul tenant, jugée suffisante pour les piétons. Le pont de l'Hôpital assure, depuis ce temps, tout le trafic des voitures entre les deux rives.
En 2013, de nouveaux travaux permettent l'installation d'une passerelle en métal et en bois, plus large et s'ouvrant en deux pans. Elle est baptisée << passerelle Pierre Gendron »>, du nom du chef mécanicien du caboteur « Les îles du Ponant » chargé du ravitaillement en carburant de l'île.
Son acte héroïque face à l'incendie qui lui coûta la vie en1976, a sans doute sauvé le port de Palais d'une catastrophe.
pont en bois tournant.jpg pont de la citadelle.jpg
13 La place de la République
Les premiers habitants de Palais n'avaient pas voulu bâtir leur demeure sur cet endroit inhospitalier, inondé par les grandes marées et impraticable l'hiver à cause de ruissellement des eaux de pluies et de sources.

En 1699, la « destruction » de la première ville de Palais sur le plateau de Basse-Boulogne pour faire place aux glacis de la citadelle, oblige les habitants à s'installer près du port et particulièrement autour de cette place.
Les premières maisons s'y établissent en même temps que se développent les activités portuaires.

Aux XVIIème et XVIIIème siècles, elle s'appelle successivement place Marine, place du grand bassin et place du bassin. En effet en son milieu, un grand bâtiment abrite un réservoir d'eau, construit en 1693 pour approvisionner les bateaux de la Marine. Ce bâtiment est ensuite transformé en magasin pour l'artillerie.

Au milieu du XVIIIème siècle la place est baptisée du nom du Duc d'Aiguillon, commandant en chef de la Bretagne, qui vient souvent à Belle île étudier les moyens de défense.

Sous la révolution, en 1794, alors que le bâtiment de la Marine est détruit, un arbre de la liberté est planté au milieu de la place qui qui devient officiellement place de la Liberté. Elle sert de lieu de rassemblement et de distractions.
Sous l'Empire, les militaires y évoluant les jours de fête, elle est baptisée place d'Armes.

La place est très encombrée : des cabanes y sont installées, en plein passage, pour la salaison des sardines, sans compter la construction de latrines publiques et d'une fontaine édifiée en 1829. En 1839 elle prend le nom de Charles X en remerciement de l'attention que le roi porte à Belle-Ile.
De 1882 à 1892 le premier canot de sauvetage de Palais « Le Vauvert-de-Mean » y est stationné. En 1902, elle prend le nom de de place de la République.
jour de prise d'armes sur la place.jpg place de la république.jpg
14 La rue Wuillaumez
Depuis 1843, la rue qui relie le cœur de la ville à Port-Hallan, d'où part la route de Locmaria, porte le nom de Willaumez. Nom donné en hommage à l'Amiral Jean-Baptiste Willaumez, né au numéro 7, le 7 août 1763, d'une mère sauzonnaise et d'un père venu défendre l'île contre les Anglais. Jean-Baptiste Willaumez mène une brillante carrière dans la Marine et est notamment nommé Contre-Amiral par Napoléon à la suite d'un fait d'armes exceptionnel: en 1804, sa flotte endommage et met en fuite le vaisseau ennemi « HMS Hercules ».

Willaumez parcourt les mers du monde. Son talent est reconnu par les différents régimes politiques qui se succèdent. A 57 ans, il est nommé Vice-Amiral par Louis XVIII. En témoignage de l'attention bienveillante qu'il porte à Belle-lle, Willaumez fait offrir son portrait aux communes de Palais et de Sauzon ; ces tableaux ornent encore aujourd'hui, les salles des conseils des deux communes. Pour ses actes de bravoure, son nom figure sur l'Arc de Triomphe à Paris.

La rue Willaumez connut différentes dénominations : rue des Etats ou encore rue « aux fours » car, jusqu'à la Révolution, la maison seigneuriale (numéro 17) abrite les fours à pain de l'île.
A cette époque, la rue est très vivante, on y vient des quatre coins de l'île pour cuire le pain.
Jusque dans les années 1990, la rue accueille l'unique cinéma de Belle-lle dénommé « Arletty » en référence à la célèbre actrice qui prenait régulièrement ses quartiers d'été sur l'île.
15 Maison de la Seigneurie et Magasin aux Avoines
Ces bâtiments sont construits entre 1658 et 1661 par le Marquis de Belle lle, Nicolas Fouquet.
En 1683 le bâtiment, nommé La « Maison de la Seigneurie », long de 40m, est donné par Madame Fouquet au domaine royal.
Les appartements ont servi de logement pour l'intendant de Fouquet puis de tribunal de la Seigneurie et de casernes pour les soldats français. Ils ont été utilisés par les anglais pendant l'occupation de 1761 à 1763 et par les représentants des Etats de Bretagne venus procéder aux afféagements au retour de Belle-lle dans le domaine royal.
Durant la révolution, le bâtiment « Seigneurial » devient « National ». La municipalité de Palais y installe l'Hôtel de Ville mais peu de temps après, l'armée le réquisitionne pour installer, dans les voutes, des fours, une fabrique de pain et des écu- ries pour les chevaux. C'est au départ de la garnison en 1920 que ce bâtiment est vendu à un particulier.
Côté rue de la Manutention, un tout petit chemin sépare la Maison de la Seigneurie du Magasin aux Avoines. Autrefois une passerelle reliait les deux bâtiments au niveau des greniers ; la porte est visible sur la Maison de la Seigneurie.

Cette passerelle facilitait le passage des grains, depuis la rue Chasles de la Touche à travers les deux bâtiments au-dessus de la rue de la Manutention.
A partir du 24 septembre 1765, ces bâtiments servent à loger une partie des 363 acadiens arrivés à Belle-lle, après leur déportation en 1755 de l'Acadie
(Provinces Maritime Canada) et de leur emprisonnement en Angleterre.

Le Traité de Paris de 1763 libère les Acadiens et Belle-lle est rendu au royaume de France.
Le roi propose aux acadiens de venir s'installer dans l'ile. Ils sont logés là en attendant que les afféagements soient attribués aux bellilois et que les maisons, dans les quatre communes de Belle-lle, soient reconstruites. Une plaque posée sur le mur de la Maison de la Seigneurie, rappelle cette histoire.
maison de l'avoine.jpg maison de la seigneurie.jpg
16 Le quartier des Sables
Le quartier des Sables est déjà mentionné, en 1659, sur le plus ancien plan connu de Palais. Il est situé sur une bande de terre qui avance sur la mer le long du Chenal. Sa plage, exposée aux vents d'Est, est longtemps le seul lieu de débarquement possible à toute heure, le port s'asséchant à chaque marée.
La protection de l'entrée du Chenal face aux assauts de la mer apparait comme une nécessité dès le XVIIe siècle. Nicolas Fouquet fait construire une première digue dans le prolongement de l'actuel quai de l'Yser. Elle est détruite pendant le siège de 1761 puis reconstruite sept ans plus tard. En 1780, une seconde jetée est implantée sur l'autre rive du Chenal, au pied de la citadelle.

Le quai de l'Yser longe le Chenal. Il fut longtemps dénommé « quai de l'Union », du nom de la compagnie maritime « l'Union Belliloise », qui assurait les liaisons régulières avec le continent.
Il est élargi en 1890. Le quai Vauban, qui fait face au port d'échouage, est abrité des vents d'Est, constituant ainsi un abri sûr. En 1803, il est pavé et élargi afin de faire face à l'intense activité qui s'y déroule quotidiennement.

Parallèlement à l'aménagement des quais, Le quartier des Sables se développe au cours du XIXème siècle.
Pêcheurs et marins y sont nombreux, logeant dans les maisons basses qui longent les quatre rues de ce quartier tout entier dédié à la pêche et au traitement de la sardine et où l'usine Philippe et Canaud est implantée.
Les tripes et les déchets de poissons, les magasins de rogue, cette préparation à base d'œufs de morue qui est l'appât indispensable à la pêche à la sardine, les ateliers de salaison et surtout les presses à sardines d'où s'écoule la saumure, empuantissent l'air.
Les étroites ruelles accueillent de multiples estaminets où se presse une population laborieuse, bruyante et souvent querelleuse.
Bien que profondément transformé par la surélévation de la plupart de ses bâtiments, le quartier des Sables conserve encore son atmosphère du XIXème siècle.
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17 L'avant-port
Le port de Palais est aujourd'hui constitué de quatre éléments distincts : l'avant-port, le bassin d'échouage, le bassin à flot et la Saline. Il n'en fut pas toujours ainsi. Jusqu'à la fin du XIXe siècle l'avant-port n'existant pas, le port ouvrait sur la mer par le chenal qui menait au bassin d'échouage en longeant la citadelle.

Afin de donner aux bateaux de pêche un mouillage constamment en eau et d'offrir un lieu d'accostage pour les « courriers » assurant la liaison régulière avec Quiberon quelle que soit la marée, un avant-port est créé à la fin du XIXe siècle.
Réalisé de 1882 à 1890, l'avant-port est protégé par deux grands môles. A gauche, le môle Bourdelle, du nom de l'ingénieur des Ponts et Chaussées chargé des travaux, à droite le môle Bonnelle, Conseiller général. Deux phares signalent l'entrée du port à l'extrémité des môles. Un premier phare, datant de 1838, éclairait auparavant l'entrée du chenal sur la jetée des Sables. Les travaux de l'avant-port achevés, il est démonté et installé sur le môle Bourdelle en 1890 (phare vert). Le phare de droite (phare rouge) est édifié en 1892.

Deux quais bordent le rivage, le quai de l'Acadie et le quai Bonnelle.
Ancien quai des Sables puis quai Macé en 1800, le quai de l'Acadie, ainsi baptisé en 1985 en souvenir des 78 familles acadiennes venues à Belle-Île en 1765, est la « porte » de Palais sur la rade.
Dès la fin du XIXe siècle, des cafés et plusieurs hôtels y accueillent les voyageurs.
chargement voiture.jpg construction des deux digues.jpg ancienne entrée du port.jpg
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